Dab (dance)
Le dab : un simple mouvement de bras qui a conquis les cours de récré, les stades et les réseaux sociaux en l'espace de quelques mois. Derrière ce geste iconique se cache une histoire culturelle bien plus riche qu'il n'y paraît — et, surprise, un lien inattendu avec la culture cannabis.
Un geste, une posture, une signature
Le dab — parfois orthographié *dabi* — est l'un de ces gestes dont la simplicité apparente cache une précision quasi chorégraphiée. La mécanique est la suivante : on penche le buste vers l'avant, on cache son visage dans le creux du coude d'un bras légèrement incliné et relevé vers le haut, tandis que l'autre bras s'étend en parallèle, formant une ligne diagonale. Le tout ressemble vaguement à quelqu'un qui tousse dans son coude, ou qui esquisse un coup de tête discret.
Ce qui frappe, c'est la lisibilité instantanée du geste : pas besoin de le voir exécuté cent fois pour le comprendre. Il est à la fois affirmatif, légèrement mystérieux et infiniment reproductible. C'est exactement ce qu'il faut pour devenir viral.
Atlanta, 2014 : le berceau du dab
Tout commence dans le rap trap d'Atlanta, aux alentours de 2014. Des artistes comme Skippa Da Flippa, Migos ou encore Bow Wow sont parmi les premiers à populariser le geste dans leurs clips et sur scène. Le dab y fonctionne comme un geste de triomphe — un signe de fierté, de victoire, d'une forme de "j'assure et je le sais".
Certains observateurs de la culture hip-hop soulignent que le terme *dab* circulait déjà dans les milieux musicaux d'Atlanta bien avant 2014, mais c'est cette année-là que le geste explose visuellement. L'origine exacte reste d'ailleurs sujette à débat : plusieurs artistes se sont mutuellement attribués la paternité du mouvement, ce qui est en soi révélateur de son impact culturel.
De la scène rap aux pelouses de la NFL
Le vrai tournant médiatique arrive avec le sport. En 2015, le quarterback Cam Newton, star de la NFL sous les couleurs des Carolina Panthers, popularise le dab à une échelle planétaire en le réalisant à chaque touchdown. Des millions de téléspectateurs découvrent alors ce geste — et veulent l'imiter.
Le phénomène se propage alors à toute vitesse :
- Les cours de récréation du monde entier voient des enfants daber entre chaque cours
- Les célébrités s'y mettent, de Hillary Clinton (maladroitement, lors d'une apparition télévisée en 2016) à des personnages de dessins animés
- Le geste devient un mème Internet décliné à l'infini : dab de victoire, dab ironique, dab de politiciens, dab de personnages historiques retouchés en photo
La jeunesse s'en empare comme d'un langage universel, au-delà des barrières linguistiques et culturelles. En cela, le dab s'inscrit dans une longue tradition de gestes iconiques empruntés à la culture afro-américaine et diffusés mondialement.
Le lien avec la culture cannabis : plus qu'une coïncidence ?
C'est là que Weedypedia entre en scène. Car le mot "dab" n'est pas anodin dans la culture cannabis. Dans l'argot anglophone, un *dab* désigne aussi une petite quantité de concentré de cannabis (résine, BHO, wax, shatter…), consommée via une technique de vaporisation appelée *dabbing*. La pipe spécialement conçue pour cela s'appelle d'ailleurs une *dab rig*.
Alors, lien direct ou simple homonymie ? La question a alimenté de nombreux débats. Plusieurs rappeurs d'Atlanta ont alimenté l'ambiguïté dans leurs textes et leurs interviews, jouant délibérément sur le double sens. D'autres observateurs considèrent que le geste lui-même — tête penchée, bras levé — évoque visuellement l'action d'inhaler un concentré chaud sur une surface brûlante, le réflexe naturel étant de détourner la tête.
Ce qui est certain, c'est que les deux usages du mot coexistent dans les mêmes sphères culturelles depuis la même période, et que la culture hip-hop a largement entretenu cette ambivalence. Il serait cependant inexact d'affirmer avec certitude que l'un découle directement de l'autre : les origines précises restent floues, et c'est précisément ce flou qui nourrit la fascination.
La vie après le buzz : un geste entré dans l'histoire pop
Comme tout mème, le dab a connu son pic de popularité autour de 2016-2017, avant de passer progressivement dans le domaine du cliché. Les journalistes sportifs ont commencé à en parler au passé, les enseignants s'en sont plaints, les marques l'ont récupéré — signe infaillible qu'un phénomène cultural est en fin de cycle.
Pourtant, le dab ne disparaît pas vraiment : il se sédimente. On le retrouve :
- Dans les reconstitutions nostalgiques des années 2010 sur TikTok
- Comme référence ironique dans la culture geek
- Dans les jeux vidéo (des personnages de Fortnite ont proposé des animations de dab dès 2017)
- Dans les archives définitives de la danse populaire, aux côtés du Macarena ou du Gangnam Style
Le dab est ainsi devenu un marqueur générationnel : savoir qu'il a existé, c'est avoir vécu les années 2010. Le refaire aujourd'hui, c'est soit de la nostalgie assumée, soit de l'humour décalé.
En bref
- Le dab est un geste apparu dans le rap trap d'Atlanta vers 2014, consistant à plier le buste et cacher son visage dans le creux du coude tout en tendant l'autre bras en parallèle.
- D'abord signe de triomphe dans le hip-hop, il est devenu un phénomène mondial grâce aux réseaux sociaux et aux sportifs comme Cam Newton.
- Le terme partage son nom avec le dabbing, une technique de consommation de concentrés de cannabis répandue dans la culture anglophone — une coïncidence qui n'est probablement pas totalement fortuite.
- Aujourd'hui entré dans le patrimoine pop des années 2010, le dab reste un exemple fascinant de la manière dont un geste simple peut traverser des cultures, des continents et des générations.
Références
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Article rédigé par Weedypedia à partir de sources ouvertes, traduites et synthétisées. Contenu éducatif et de réduction des risques, sans allégation thérapeutique.